Travaux à la chapelle Saint-Herbot, épisode 6 :  visite de l’atelier Giordani à Rouen

Le jeudi 3 avril 2025, l’atelier Giordani qui restaure le mobilier de la chapelle Saint-Herbot organisait une visite de ses locaux à l’intention des décideurs du cabinet de Ponthaud et de la DRAC. L’atelier est situé dans de vastes hangars industriels où il a emménagé en 2024.

Gwendal Giordani Morel, le directeur adjoint, entame la visite. Il commence par nous présenter une première stalle qui a subi un début de restauration. Il s’agit de savoir si le parti-pris de la restauration rencontre l’aval des décideurs. Les poutres qui supportent les stalles et le chancel étaient enfoncées dans le sol, ce qui explique la dégradation du bois par l’humidité et les insectes xylophages. Les restaurateurs font tout ce qui est en leur pouvoir pour garder le bois d’origine : nettoyage, traitement contre les insectes, cirage. Mais parfois, le bois est tellement dégradé qu’il est nécessaire d’enlever la partie la plus abîmée et de greffer du bois neuf.

Avec le temps, les stalles et le chancel se sont un peu affaissés. Le revêtement du sol, en dalles de schiste, va être refait. Il est important que les restaurateurs sachent à quelle hauteur sera ce sol, afin de réintégrer le mobilier à sa hauteur d’origine. Des lambourdes pour soutenir le plancher des stalles étaient envisagées, mais elles risquent de se révéler trop importantes, d’autant que les stalles sont déjà pourvues d’un plancher propre qui est lui-même assez épais. De simples cales de bois sous les planchers permettront de caler les stalles si les dalles ont une légère irrégularité.

Pour les stalles sont évoquées les charnières qui permettent de faire basculer les miséricordes. La plupart sont en bon état, les autres seront remplacées par un modèle se rapprochant de l’original ou, à défaut, fabriquées à l’identique.

Après les stalles sont présentées les parois du chancel. Tout d’abord, on évoque le cas de la trappe historique entre la nef et le chœur qui permettait de passer à genoux sous la dalle en granit du tombeau de saint Herbot. Avec le temps, la petite porte s’est affaissée et ne pouvait plus être ouverte. On y remédiera.

Si les panneaux de bois inférieurs du chancel portent des sculptures qui ont perdu leurs couleurs d’origine, les panneaux supérieurs ont gardé quelques traces de peinture. Un nettoyage et un recollage des écailles de peinture permettra de rendre un peu de couleur au mobilier, mais il n’est pas envisagé de repeindre ou de restituer ces couleurs : cela jurerait avec les panneaux du bas.

Pour les balustres, on ne reconstituera pas les fines arêtes cassées. En revanche, pour les décors des panneaux, on recollera ceux qui ont été conservés à part et on restituera seulement ce qui est utile à la lisibilité.

Aux statues, à présent ! La niche abritant la statue de saint Herbot était surmontée d’un dais finement sculpté et peint, trop fragile et détérioré pour être conservé tel quel : un nouveau dais en bois neuf est prêt à être sculpté à l’identique.

Les éléments de l’autel et du retable devront être rassemblés et remontés : un véritable puzzle ! Tout sera nettoyé et traité, mais pas de remise en polychromie systématique.

Il y a donc encore beaucoup de travail, mais l’atelier Giordani attend que le gros œuvre soit achevé à la chapelle, notamment l’étanchéité du toit. Ensuite, il faudra que les échafaudages intérieurs soient enlevés et le sol refait. Ensuite, les restaurateurs envisagent de replacer d’abord les niches et les statues, puis le maître-autel, et enfin le chancel et les stalles.

Laisser un commentaire