Balade au chaos de Mardoul

Si le chaos de Huelgoat, ce vaste entassement de rocs de granit qui dévalent en cascade au sein d’une forêt enchantée, est le site touristique le plus célèbre de la région, il en existe un autre, tout à fait charmant, à faible distance de là : le chaos de Mardoul, auquel on accède en empruntant une petite route dans le pittoresque village de Kermarc.

Ces pierres semées dans le lit de l’Ellez forment un gué naturel emprunté depuis la nuit des temps par les habitants de la région. En témoignent les vestiges d’une civilisation pré-chrétienne, une cupule et des rigoles sacrificielles encore visibles sur une haute roche qui domine le site de près de 10 mètres. Au fil de l’eau, deux grosses auges de pierre ont servi, selon différentes interprétations, à des rites païens, à rouir le lin ou le chanvre, ou à faire tremper les peaux avant le tannage.

Situé sur l’axe routier de Carhaix à l’Aber-Wrac’h qu’empruntaient les Gaulois puis les Romains, le gué a été complété, au fil du temps, par des passerelles formées de grandes dalles naturelles jetées entre deux blocs, puis par des ponts de pierre bâtis à plusieurs niveaux de la rivière. Par là passaient jadis les pilhaouerien, ces chiffonniers qui allaient de ferme en ferme, échangeant des faïences (bols, assiettes, écuelles) contre des chiffons (cf. le musée des Pilhaouerien et du Recteur à Loqueffret).

L’Ellez, qui marque la limite entre les communes de Loqueffret et de Brennilis, prend sa source dans les monts d’Arrée, à Saint-Rivoal, près de Brasparts, traverse le marais du Yeun Elez, alimente le lac de Saint-Michel puis la retenue du Rusquec qui alimente l’usine hydroélectrique de Saint-Herbot. Il parcourt 28 km avant de se jeter dans l’Aulne à Landeleau. L’origine du nom de la rivière est incertaine : inspirée du breton « elestr » qui signifie iris, plante d’eau, ou « ster an elez » qui veut dire « rivière des anges » à cause de la légende du Yeun Elez, où se trouvait les portes de l’enfer : les anges devaient remonter la rivière pour délivrer les âmes de l’enfer ! Selon d’autres, ce mot aurait la même origine que d’autres cours d’eau nommés « Elle » ou « Ille » et signifierait « eau sombre »…

Une réflexion sur “Balade au chaos de Mardoul

  1. Le Chaos du Mardoul, une découverte l’an dernier qui fut un véritable coup de cœur. A l’approche de l’automne, la végétation luxuriante des berges de la rivière Ellez tranchait avec la coloration orangée des algues présentes dans son lit et le bleu du ciel. Juste magique! Nous avions trouvé l’information sur la probable utilisation des auges de granit au rouissage du lin, mais pas entendu parler de l’activité de tannage ou de rites païens.

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