Saint Michel a terrassé le dragon !
La chapelle Saint-Michel de Brasparts est un haut lieu du Finistère, déjà par sa situation, puisque le mont Saint-Michel (Menez Mikael en breton) culmine à 381 mètres, mais aussi d’un point de vue spirituel, puisque la chapelle, consacrée en 1677 sur un ancien lieu de culte druidique, est fréquentée sans interruption depuis des siècles tant par les gens du coin (qui implorent l’archange contre le mauvais temps ou pour la guérison de leurs proches) que par les pèlerins (un pardon y est organisé chaque année en mai) ou les touristes (le GR34 passe par le mont) : 150.000 personnes s’y pressent chaque année.

C’est dire si l’émoi était grand dans la région, lundi 18 juillet 2022, quand un gigantesque incendie s’est déclaré entre Botmeur et Brasparts, près du lac de Brennilis, encerclant la petite chapelle ! Heureusement, la configuration des lieux, la vigoureuse intervention des pompiers, et sans doute aussi l’intercession de l’archange, ont permis d’épargner l’édifice. Mais du haut du mont, la vue que nous avons sur les environs est absolument désolante ! Au cœur des monts d’Arrée, c’est une grande partie de l’est du parc naturel régional d’Armorique qui a brûlé. Des paysages sauvages de landes, de fougères, de bruyères, de tourbières, de marais, ainsi que des bouquets de sapinières et de feuillus, ne sont plus qu’étendues noircies. On dirait qu’un volcan a déversé sur le paysage alentours ses laves et ses cendres.

Une semaine après le début de l’incendie, la route est toujours coupée entre Botmeur et Brasparts. Nous montons au mont Saint-Michel avec l’autorisation des gendarmes postés au croisement. Six véhicules et le PC de commandement des pompiers sont postés près de la chapelle. En contrebas, un hélicoptère est prêt à décoller. Nous avons vu passer aussi un avion Dash chargé de répandre du retardant sur des départs de feu.

En redescendant vers Brasparts, nous dénombrons une dizaine de véhicules de lutte contre l’incendie stationnés au Centre d’Incendie et de Secours, avec des équipages prêts à relayer leurs collègues. Après la mobilisation de plus de 300 pompiers venus de toute la Bretagne et des régions limitrophes, une centaine de soldats du feu, aidés par des agriculteurs des environs, sont toujours sur le qui-vive, car des fumerolles continuent de s’élever ça et là, prêtes à rallumer l’incendie qui couve sous la cendre. Heureusement, la température a drastiquement chuté depuis lundi dernier (passant de 41° lundi à 25° au plus chaud de ce dimanche 24 juillet), et la pluie annoncée pour demain aidera certainement leur action.

Si un véhicule de secours a été détruit, on ne déplore heureusement aucune victime de l’incendie, et les quelque 500 habitants de Botmeur, de Saint-Rivoal et des hameaux alentours qui avaient été évacués lundi ont pu regagner leur maison dès mercredi soir. Encore un miracle à mettre au crédit de saint Michel, sans doute.


La Foi soulève des montagnes… Sans foi, pas de miracle.
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