Escapade en Sicile

La Trinacria, symbole de la Sicile

Oublions un instant le confinement dans nos appartements pour une escapade estivale en Sicile, au gré de quelques photographies. La Sicile, la plus grande île de la Méditerranée, a la forme d’un triangle, ce qui lui a valu son nom antique de Trinacria, et son symbole, une tête ailée entourée de trois jambes.

S’il y a quelque chose de vraiment impressionnant, à Palerme, c’est bien la visite des catacombes des Capucins : plusieurs milliers de momies, hommes, femmes et enfants, alignés, suspendus, debout, couchés, exposés à la vue des vivants : « Memento mori ! » (« Souviens-toi que tu es mortel ! »). Ce mode d’inhumation fut en vigueur du 17ème jusqu’au 20ème siècle.

Marionnettes siciliennes : mises en scène dans des spectacles inspirés de la Chanson de Roland, ces « Pupi » connurent un grand succès dans la Sicile du 19ème siècle.

Le Palais des Normands à Palerme abrite aujourd’hui le Parlement sicilien. Ce bâtiment rappelle que les Normands s’installèrent au 12ème siècle en Sicile après en avoir chassé les Sarrasins. Ils ont laissé sur place de magnifiques constructions de style arabo-normand, décorées de mosaïques dorées somptueuses d’inspiration byzantine.

C’est le cas, notamment, de la célèbre abbaye de Monreale, fondée par le roi normand Guillaume II au 12ème siècle.

La Sicile fit partie de la Grande Grèce à partir du 8ème siècle avant J.C., comme en témoignent de nombreux vestiges archéologiques dont certains sont fort bien conservés. En voici pour preuve les fameux temples de Ségeste, Sélinonte et Agrigente. Les hommes et les tremblements de terre ont malheureusement abattu bien des temples. A Agrigente, celui de la Concorde (entre 450 et 440 av. J.C.) doit son bel état de conservation au fait qu’il ait été transformé en église chrétienne.

Syracuse, au 5ème siècle avant J.C., a été la grande rivale d’Athènes. En témoigne un riche patrimoine archéologique, dont le théâtre grec. C’est l’un des plus grands (134 m de diamètre) et des mieux conservés. Ses gradins sont découpés à même la roche. Sur cette scène fut donnée la première des « Perses » d’Eschyle.

Sur l’île d’Ortygie, la fontaine Aréthuse est le berceau légendaire de Syracuse : la nymphe Aréthuse, poursuivie par le fleuve Alphée, s’est réfugiée sur l’île et a été changée en source. Bien que tout à côté de la mer, de l’eau douce s’écoule de la source qui abrite toute une colonie d’énormes poissons et des oies, ainsi qu’un gros bouquet de papyrus, ce papyrus qui pousse aux environs et sert à faire du papier à l’antique comme en Égypte.

La basilique Nostra Signora delle Lacrime (2ème moitié du 20ème siècle) a été édifiée à la suite d’un miracle : en 1953, la statuette de la Vierge Marie en plâtre d’un couple de Syracusains s’est mise à verser de véritables larmes pendant quatre jours. Très spacieuse et aérienne, la basilique est bâtie sur plan circulaire (80 m de diamètre) et la voûte s’élève d’une seule volée vers le ciel à une hauteur de 74 m. Elle peut accueillir jusqu’à 11.000 personnes. La crypte, qui intègre des éléments archéologiques trouvés dans les fondations, est décorée de mosaïques et de peintures modernes magnifiques.

Point culminant de la Sicile (environ 3.340 m d’altitude), l’Etna, encore en activité, est le plus grand et l’un des plus fameux volcans d’Europe. La montée vers le géant à peine assoupi est impressionnante : le paysage est marqué par les phénomènes géologiques, nombreux cratères dont certains fument toujours, coulées de lave, poussière volcanique qui, par endroits, recouvre la route comme un tapis de sable noir, demeures abandonnées au toit défoncé… mais partout, les plantes repoussent, notamment le genêt arborea. Du refuge Sapienza, à 1.910 m, un téléphérique permet de gagner la station supérieure, à 2.500 m, d’où partent des minibus qui conduisent les touristes près du cratère central.

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