Cartes postales de Santorin

De toutes les Cyclades, Santorin est sans conteste l’île la plus impressionnante. L’arrivée en bateau au petit matin est une expérience inoubliable : on pénètre lentement dans la caldeira (le chaudron) entourée de hautes falaises sombres, elles-mêmes surmontées de villages éclatants de blancheur. D’énormes ferries, des paquebots de luxe, de grands voiliers ou de petites vedettes de liaison croisent et s’entrecroisent au-dessus d’un volcan souterrain. On dit que là-dessous, le gouffre atteint 350 mètres de profondeur !

L’histoire et la géographie de Santorin doivent tout aux colères d’Héphaïstos, le dieu des volcans. 2 000 ans avant J.C., l’île fut le berceau d’une brillante civilisation comparable à celle de la Crète minoenne, comme en témoignent les fresques et les objets trouvés dans les fouilles d’Akrotiri. Mais une éruption volcanique, vers 1.500 avant notre ère, ensevelit des cités entières sous les scories et les cendres et fit exploser tout le centre de l’île qui s’abîma dans les flots, ne laissant que les falaises impressionnantes qui s’élèvent au nord et à l’est en croissant de lune. Au cours des siècles suivants, plusieurs cônes volcaniques surgirent de la mer, créant les îles de Palaia Kameni (Ancienne Brûlée) et Nea Kameni (Nouvelle Brûlée). La dernière manifestation tellurique importante se produisit en 1956 : elle détruisit de nombreuses maisons, tua une cinquantaine d’habitants, mais fit connaître aux yeux du monde entier cette petite île oubliée des dieux et des hommes. Depuis, le succès ne se dément pas : plus de 500 000 visiteurs par an font de Santorin l’une des plus visitées des îles grecques. Si on peut faire autrement, il vaut mieux éviter de s’y rendre en été !

Les ferries débarquent au port d’Athinios : quel contraste entre ces ports minuscules, coincés au pied des falaises, et la taille des bateaux qu’ils accueillent !

Les fouilles d’Akrotiri (au sud de l’île) ont commencé en 1967. Dans les ruines ensevelies sous les cendres du volcan, on a retrouvé de magnifiques vestiges, peintures murales et objets quotidiens, qui sont conservés au musée de Thira. Mais pas de corps animal ou humain : les habitants ont pu fuir avant le cataclysme.

Pyrgos, le village le plus élevé de l’île, offre un panorama magnifique depuis les ruines de la citadelle vénitienne.

Vothonas est un village aux maisons troglodytes creusées dans la couche de pouzzolane (scories volcaniques).

Les vins de Santorin sont parmi les plus réputés de Grèce. Pour résister au vent, les sarments de vigne, ici, sont enroulés en spirales. On en fait des lustres, des toits pour les moulins…

Au port d’Ammoudi, niché au pied de la falaise juste à l’entrée de la caldeira, arrive la vedette qui fait la navette entre les différents ports de l’île. Les passagers doivent ensuite gravir à pied tout un chemin pentu pour se rendre à Oia… à moins qu’ils ne préfèrent voyager à dos d’âne !

De la ville d’Oia (qui est en réalité un agglomérat de villages perchés sur la crête), la vue s’étend sur toute la caldeira et ses îles (Thirassia, Nea Kameni, Palea Kameni). Des maisons aux formes douces dévalent les pentes de la falaise sombre. Eclatantes de blancheur, elles paraissent lumineuses sous le soleil. L’espace blanc est scandé par le bleu des églises, de la mer et du ciel. Les couleurs du drapeau de la Grèce ! Çà et là, un mur ocre, une façade rose, un massif de bougainvillées rouges ou violets, ajoutent au paysage une touche colorée.

La rue principale d’Oia est flanquée de magasins de souvenirs, d’hôtels, de chambres à louer, de bars et de restaurants, comme dans toute bonne ville touristique. Des escaliers typiques, bordés de murs arrondis, débouchent dans la ruelle principale. L’architecture locale est tout en élégantes rondeurs.

Le coucher de soleil teinte de couleurs magiques les falaises, les villages perchés, les petits ports nichés et les grands bateaux blancs.

Nous restons là jusqu’à ce que le ferry ait quitté la caldeira et que le soleil se soit abîmé derrière la ligne d’horizon.

Une réflexion sur “Cartes postales de Santorin

  1. Merci, Serge pour ces photographies inspirantes (Sylvie pour les textes peut-être), pour ce reportage sur Santorin qui, avec nos échanges d’hier, nous donne plus envie, encore, de nous y rendre… hors saison. Myriam et Charles (35).

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